Les couleurs marchent parmi nous

Dans Nice, les couleurs ne se contentent pas d’habiller les murs : elles respirent, elles vibrent, elles s’élèvent comme un chant solaire. Les façades, éclaboussées d’ocres ardents, d’oranges pulpeux, de rouges qui semblent encore tièdes du soleil, composent une fresque mouvante. Le jaune s’y répand comme une promesse de chaleur, et les pastels, tendres comme des murmures, adoucissent les pas du vent.

Mais ce sont les éléments et les êtres qui deviennent les véritables tableaux. À mesure qu’ils avancent, la ville les peint. Les pigments se déposent sur leurs joues et leurs vêtements, glissent sur leurs épaules, s’invitent dans leurs regards. On croirait voir des silhouettes façonnées par la lumière elle-même, des passants dont l’habit reflète l’éclat coloré des ruelles, le vert des volets, le bleu discret des ombres. Ils portent la ville comme un vêtement d’aube, fardés de joie, poudrés de soleil, traversés par une palette qui les transforme.

Chaque visage semble plus large, chaque geste plus ample, comme si la couleur avait le pouvoir secret d’agrandir l’âme. Nice devient alors un atelier à ciel ouvert, où les corps sont des toiles vivantes, où la lumière joue à réinventer la scène de la vie. Et dans cette symphonie chromatique, chacun marche avec la sensation d’être un peu plus vibrant, un peu plus vivant, un peu plus lumineux.

Texte & Photos © Fred Massa

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